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Décryptages

« Tous risques », « multirisque » : ce que ces mots ne couvrent pas

Ces noms commerciaux ne sont pas des catégories légales à contenu fixe, sauf une exception. Ce qui définit vraiment une garantie, c'est le contrat, pas l'étiquette.

Par Adnane Mghabbar ·

« Tous risques » et « multirisque » sonnent comme des promesses de couverture totale. Aucun des deux mots n’a pourtant de contenu légal fixe pour l’auto, l’habitation ou le professionnel : ce sont des noms commerciaux, et seul le contrat dit ce qu’ils couvrent réellement.

Scénario-type : une exclusion découverte après le sinistre

Illustration générale, et non dossier réel. Un conducteur avec une police « tous risques » subit un dégât d’eau dans son véhicule stationné en sous-sol lors d’une inondation. Il pensait que « tous risques » voulait dire tous les événements. Sa police exclut pourtant certains dommages liés aux événements climatiques hors garantie catastrophes, ou les traite dans une garantie séparée avec ses propres conditions.

Le nom du produit n’a pas menti à proprement parler : il n’a simplement rien garanti par lui-même. Seules les conditions générales et particulières fixent la liste des événements couverts, les exclusions et les plafonds.

Une seule exception légale : le chantier

Le Code des assurances définit un produit précisément appelé assurance tous risques chantier, avec son propre chapitre dédié aux garanties, à la durée du contrat et aux exclusions possibles. Dans ce cas précis, « tous risques » est un terme juridique avec un contenu encadré par la loi.

En dehors de ce produit de construction, le Code n’emploie « tous risques » ni « multirisque » comme catégories à contenu imposé. Une assurance auto « tous risques » et une assurance habitation « multirisque » restent des appellations commerciales : leur contenu dépend entièrement de ce que l’assureur a rédigé dans sa police.

Ce que la loi impose, en revanche

L’article 12 du Code des assurances exige qu’un contrat écrit précise, entre autres, la nature des risques garantis. Ce n’est pas le nom du produit qui remplit cette exigence, ce sont les clauses elles-mêmes : conditions générales, conditions particulières et avenants signés.

Deux contrats « tous risques » de deux assureurs différents peuvent donc garantir des événements différents, avec des franchises et des plafonds différents. Comparer deux offres sur leur seul intitulé commercial ne renseigne sur rien de vérifiable.

Ce qu’il faut lire avant de se fier au nom

  1. La liste des garanties, événement par événement, pas seulement le titre du produit.
  2. Les exclusions, souvent regroupées dans une section dédiée des conditions générales.
  3. Les plafonds et sous-plafonds, qui peuvent limiter fortement une garantie annoncée comme large.
  4. Les franchises, qui restent dues même quand l’événement est couvert.
  5. Les conditions particulières, qui adaptent ou restreignent parfois les conditions générales pour le cas précis du souscripteur.

Limites à garder en tête

Un nom commercial n’est ni interdit ni trompeur en soi : il sert à situer un produit dans une gamme. Le problème apparaît quand un lecteur en déduit un contenu qu’aucune clause ne confirme. Cette prudence vaut pour tous les domaines, pas seulement pour l’auto ou l’habitation.

À retenir

« Tous risques » et « multirisque » sont des noms de gamme, pas des garanties en eux-mêmes, sauf pour le produit légalement défini de l’assurance tous risques chantier. Ce qui protège réellement, c’est la liste des garanties et des exclusions dans le contrat signé.

Sources utiles

À garder en tête

Chaque contrat a ses propres garanties, exclusions et plafonds. Vérifiez toujours les conditions du vôtre avant de décider.

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